Grains de sable et gouttes de pluie.

Grains de sable et gouttes de pluie.
Il faut se lever, encore et encore.
Une danse aux relents macabres, on a parfois envie de couper les ficelles, les liens, les cordes qui nous suspendent au dessus d'une marée humaine qui a par trop d'aspects des rouages mécaniques.
Mais hissons nous au-delà des effets de scène, apprenons à croire, beaucoup en nous, un peu aussi à croire aux autres, qui sont, même si on a tendance à l'oublier, souvent les reflets hagards et exilés d'un fragment de ce que nous pensons être, voulons être (ou pas), et que nous ne serons jamais tout à fait.
Y a t'il une vie après le désenchantement ? Oui, dans les livres, dans les contrées inconnues, dans la passion. A vivre chichement sur ses positions, on se ratatine sur soi comme un vieux pruneau, le coeur aussi sec que les yeux dont la fonction première, non pas voir, mais apercevoir, n'a plus lieu d'être.
Un corps existant a plus de vides qu'un gruyère... c'est pourquoi il faut voir la vie comme un plateau à fromages. [chute]
BOUM
CHUT !
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# Enviado em Quinta 19 Novembro 2009 11:52

Entre deux mondes.

Entre deux mondes.
Je ne sais pas encore trop ce qui me pousse à publier ces notes griffonnées au réveil, dans la pénombre, pour ne pas déranger celui qui dormait encore, alors que je suis rentrée depuis seulement deux jours du plus grand voyage que j'ai jamais fait, à 9517 km du lieu où je vis. Impérieusement, le besoin d'écrire, même sans voir, pour capter la sensation profonde que j'ai depuis mon retour.

"Images inquiétantes, surréelles, qui se surimpriment.
Deux réalités superposées dans mon champ perceptif, mêlées à une sensation de déracinement.
Je me sens comme changée de pot ! Une terre familière qui a des airs d'inconnu. Intimidante peut-être. Déconcertante omniprésence d'une quantité de choix, de perspectives, dans cette réalité retrouvée, variations chromatiques, richesse des détails et derrière elle, flagrante, la vacuité.
Révélation du monde dans toute sa suffisance, son embonpoint et son désespérant egocentrisme.
L'absolue infinité des possibles bouche l'horizon, ou du moins, l'encombre.
Oui, révélation de l'encombrement, du futile érigé en modèle. De la construction qui cache le creux.
Et déjà, perte de la sensation de déracinement, l'habitude, lovée dans les plis, s'est redéployée, tentaculaire."

Voir le monde d'un autre oeil, ne serait-ce que quelques jours, comme sortir de soi, enfin.

# Enviado em Domingo 25 Outubro 2009 13:21

Modificado em Domingo 25 Outubro 2009 13:31

Le point G de l'heure H.

Le point G de l'heure H.
Quand d'un coup le décor semble se figer et se retourner sur lui-même, aussi malléable que du carton-pâte, derrière mes yeux mes pensées virevoltent dans un ballet aérien de sensations en haute-voltige. La limpidi de la lumière, le courant d'air sur mon visage, le sentiment presque matériel du présent, du lieu, du jour, goutte-à-goutte unique qu'aucune main ne peut retenir, qui ne désalre pas la soif.
C
ar c'est un sentiment de soif, une volon de stocker, immobiliser en substance ce qui emplit les jours de nébuleuses, d'aurores, de cyclones et autres crépuscules. Les contours estompés scintillent encore du nectar furtif qui s'est écou des outres de la fortune, difractant l'espace et le temps en un manège doniste qui a l'effluve d'un ve. Ecouter la voix ahurissante du silence.
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# Enviado em Quinta 06 Agosto 2009 14:10

Modificado em Quinta 19 Novembro 2009 12:13

PuzZedle

PuzZedle
J'ai l'impression qu'avant, on avait tendance à caractériser nos journées quasi exclusivement par les petites anecdotes du quotidien, les jeux de mots d'un cours, les discussions de couloirs, les introspections hâtives au détour d'une récréation. En fait, tout ce magma d'invidualités environnantes peuplait mon intérieur. Lorsque je me regardais, je revoyais le fil des relations tissées avec ces personnes si proches avec lesquelles j'avais vécu, grandi, éprouvé depuis des années. C'est un peu comme une couvée, ou une portée qui se sépare si on veut parler figuré. La fin du lycée c'est plus que la fin d'une ère c'est la fin de toute une communauté pour laquelle on vivait et qui vivait à travers nous. Pensée du soir qui se superpose avec le constat actuel. Rivés à nos individualités -soit, le peu qu'il nous reste- on ne peut plus s'oublier ni se construire à travers les autres alors on cultive son image, son pédigrée, son planning. On reflue vers des centres perclus désaxés qu'on replante à coups de marteau dans le coeur, pour son bien, il nous faut chercher ailleurs la source d'énergie vitale, tarie, qui ne peuple plus que notre corps hanté par des fantasmes autrefois vécus.


Comme un puzzle
dont on fait rentrer les pièces
grâce à la reconnaissance des formes

et des couleurs,

et le hasard à une place de choix.

Z
z
.

# Enviado em Terça 16 Junho 2009 14:46

Modificado em Quinta 19 Novembro 2009 12:16

Le langage est une peau. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots.

Le langage est une peau. C'est comme si j'avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots.
Certains jours on seve comme enfin réveillée d'un ts long sommeil.

On
ouvre les yeux et le jour ne semble non pas s'acharner sur nous
ma
is bel et bien nous tendre les bras.

Comme la sensation que le rêve rejoint la ali.

Q
ue les actions ont un sens et un poids.


Un peu comme des retrouvailles.

. Z .
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# Enviado em Domingo 24 Maio 2009 09:44

Modificado em Domingo 24 Maio 2009 10:05

Simule Acre ou Comment conserver le présent dans un bocal de formol.

Simule Acre ou Comment conserver le présent dans un bocal de formol.
On se lasse. On se délasse. On patauge. On marivaude. On s'impatiente. On s'active comme pour palier au défaut ontologique de l'existence. On est là, et si on ne fait rien, rien n'arrive. Rien n'est prévu pour nous. Et non. Tout reste à faire. On attend. On teste. On médite. On recule. On avance. On s'arrête. On s'assoie au beau milieu de la foule. Comme au ralenti ils vaquent, ils jettent un oeil curieux, parfois même soucieux, mais ils se font vieux. Trop vieux, trop vides pour se laisser emplir par quoique ce soit. Je les plains un peu. Pas trop.
J'accep
te. L'infime devient si pesant à la longue. On s'étonne de ce que l'on peut porter, puis, d'un coup on s'étonne de ce que l'on ne peut plus supporter.
A
nous de voir où sont nos limites, et quoi faire en cas de dépassement des frontières. C'est un voyage clandestin de A à Z de toute façon.

.And sometimes being amuZed. (for no reason)


# Enviado em Sexta 13 Março 2009 11:25

Modificado em Sexta 08 Maio 2009 08:47

On ne coincide jamais avec soi-même.

On ne coincide jamais avec soi-même.
.
Nous avons une incroyable capacité à être ou à ne pas être dans le moment M.
Tous ces instants que l'on vit comme dans la marge, sans s'investir, sans être vraiment conscient de ce qu'on est en train de faire, presque désengagés de nos propres actes.
Et tous ces autres qui défilent et auxquels on voudrait s'agripper pour partir avec eux, loin de nous-même, ou plutôt loin de ce que l'on ne comprend ni ne contrôle de nous.
On passe réellement notre temps à se réfugier de ce qui nous dépasse : le temps, le monde, le néant, les autres, notre inconscient. On s'essouffle presque à courir en tous sens à la quête d'un improbable moyen de camoufler la peur.
Il en résulte une alternance grotesque de moments
sublimes et de
moments glauques, empaquetés dans un écrin neutre que l'on appelle le souvenir.
On feint l'indifférence devant le gouffre de tout ce que l'on ne pourra jamais changer, mais intérieurement on bouillonne d'un savant mélange de hargne et de profonde tristesse, qui fait notre force et notre faiblesse.
Il suinte de notre peau, ce baume empoisonné,
il s'amasse jusqu'à durcir et nous
entourer d'un cocon que l'on voudrait protecteur.
Mais des pants entiers se détachent parfois avec fracas de nous-même, nous laissant hagard
d'incompréhension.
Jusqu'à ce que l'on trouve l'hologramme
dans lequel se projetter
pour panser nos fissures.


Zed
en Coup
Pur.

# Enviado em Quarta 04 Março 2009 09:02

Modificado em Sexta 13 Março 2009 11:48

Sur fond de chlorophorme.

Sur fond de chlorophorme.
Je me lève le matin et ma conscience reste lascive sur l'oreiller tiède, pendant que mes pieds m'emmènent là ils vont par habitude. Ma tête est lourde, mes globes occulaires pesants, trop pesants. Mes pas trainent. Je m'étonne presque d'être là où je suis. Je croise des visages comme autant de lieux familiers, mais si étranges. Tout est étrange quand on y pense, ces visages qui s'animent, cette bouche qui s'arrondit, cette langue qui se colle au palet, ces sons qui sortent sans qu'on s'en aperçoive. Qu'y a t'il derrière ces regards, qui, si on les scrute, sont si ... déconcertants. Autres. L'air est le même que tous les jours. L'air, cette substance infime, sans quoi nous ne sommes rien, et pas même un moyen de la cotoyer autrement que par inconscience. Les jours passent. En un rien de temps, les gens ont vécu un mois sans vous, et vous sans eux. Et le monde continue de tourner. Les heures se creusent, sur vos gestes, sur votre peau, sur votre âme. Beaucoup de choses vous révoltent. Mais vos cris ne dépassent pas le stade du borborigme. Votre combat est silencieux. Vous vous laissez endormir par la ritournelle du quotidien, ses vacuités sans nom, ses lignes de fuite. Intérieurement vous rêvez de giclées de sang, de révolution, de changement, à corps et à cri. Mais tout est fait pour que votre révolte devienne du coton, on vous abreuve d'illusion sécuritaire, de promesses émouvantes, et vous avez envie de vous enfoncer dans la vie comme dans un fauteuil moelleux au premier rang du cinéma. Vous pensez mou, vous parlez mou, vous marchez mou. La vie est une mascarade à laquelle vous baillez sans ménagement. Tout ce que vous voulez, c'est votre pot de pop corn, pour pouvoir ressentir la quiétude, la léthargie, paradis artificiel dans lequel l'homme moderne à creusé son nid douillet à même les ronces.


J'ai failli oublier mes boules Quies.

Z

# Enviado em Quinta 05 Fevereiro 2009 14:28

Modificado em Sexta 06 Fevereiro 2009 07:52

Nous avons inventé la vitesse et pourtant nous tournons en rond.

Nous avons inventé la vitesse et pourtant nous tournons en rond.
On the train ...
Certains regards disent "vas-voir ailleurs si j'y suis",
d'autres sont simplement curieux, d'autres encores sont vides, vides, creux et très las.
Parfois certains pétillent.
D'autres sont condescendants.
Les oreilles trainent. Les voix éclatent, ou se dissimulent. Les oreilles se bouchent avec des écouteurs.
Les yeux se heurtent à la vitesse du paysage, à la lumière intermittente du soleil, aux reflets qui en disent longs. Des odeurs circulent et forment sûrement un véritable embrouillamini olfactif.
Des genoux se frôlent, avec insistance, avec emportement, avec pudeur.
Et pendant un temps imparti, dans un lieu déterminé, des dizaines de personnes vivent ensembles, font le même parcours onirique. La même traversée d'un désert ferroviaire où les détrituts, les bâtiments abandonnés, les tags et les gares se disputent le premier rang à la fenêtre.
Malgré l'indifférence affichée, on est tous unis par la même perspective d'aller quelque part.
On partage un but. Une errance. Une crainte. Un espoir. Une échéance. Une épreuve. Un plaisir.
Et on attend notre tour d'entrer en jeu.


Terminus.

# Enviado em Quinta 22 Janeiro 2009 12:57

Modificado em Quarta 04 Março 2009 10:10

Les Concepts sont des bipèdes comme les autres.

Les Concepts sont des bipèdes comme les autres.
Il paraît que chacun est unique.
C'est d'ailleurs
contenu dans le mot "chacun" , non ?
Chaque
Un a sa propre identité. Mais en fait... il devrait y en avoir deux.
Celle qu'on a à
ses yeux, celle qu'on a aux yeux des autres.
En to
ut les cas, quand on pense à quelqu'un, vous avez sûrement remarqué, que, au delà de visualiser mentalement son visage, quelque chose comme un bout d'âme si rattache : un sourire, un lieu, un souvenir précis, un geste, une musique, des vêtements, des paroles, un Tout. Comme un mini-bagage indissociable.
Et,
j'ai envie de dire, un concept. De fait ! on est capable, en pensant à quelqu'un, d'avoir des mots qui nous viennent à l'esprit, ou des sensations, qui pour nous définissent et collent à la peau du personnage. Car oui, à nos yeux, les personnes sont presque des personnages. C'est là toute la subtilité. Ils ont leurs caractères respectifs, leurs goûts, leurs réactions...
A vou
s recréér la Commedia dell'arte version XXI ème siècle.
D'aille
urs, ni vous ni moi n'avons aucune difficulté pour créer des scénarios à loisir mettant en scène nos proches dans des situations fictives ou futures.
Qu'en est-il de soi ?
On a telle
ment souvent l'impression de ne plus trop savoir qui on est, je suppose donc que, comme moi, vous êtes adeptes des petites boîtes remplies de souvenirs qui pour nous ont quelque chose de sacré. Comme si le simple fait de les perdre serait perdre à jamais quelque chose qui avait pleinement son sens. Si, pour combler votre ennui, vous jouez à "quels sont les dix/quinze/vingt objets que je sauverai à tout prix des flammes".... je pense que viendraient en tête des objets, bibelots, photos... des choses uniques, irremplaçables, auquelles on se rattache parce que, vivre sans reviendrait peut être à vivre sans quelque chose qui, on en démord pas, nous aiderait à retrouver qui nous sommes, même après être resté dans le coma pendant dix ans en se réveillant amnésique.
N
otre quête ultime n'est-elle pas de rechercher des objets qui reflètent en tous points notre personnalité ?
You want a " coup de coeur " isn't it ?
Donc, si vous m'avez suivi, on s'efforce de (re)composer notre portrait par le biais des objets que l'on possède ou créé, parce que se fier à la personne qui est en nous pour nous dire ce qu'on est, c'est pas de la tarte. Quelque part, ce qu'on est est aussi le fruit de la volonté de ce que l'on veut être. Oui, on veut être une série d'adjectif : gentil, altruiste, dle, tolérant... et (in)consciemment, on ne suit pas de chemin, on creuse le chemin. De plus, pour s'assurer que notre mission est menée à bien, il nous faut des témoins, vivants et parlants de préférence (oui, parce que bon, les objets ne sont pas encore doués de parole c'est ennuyeux à la longue) c'est-à-dire : les gens qui nous entourent, famille et amis. Ils nous reflètent souvent à quelle maturation sont les concepts que nous faisons bouilloner dans nos casseroles, mijoter à petit feu... et nous aident à rentrer dans la peau de notre Concept en nous "conceptualisant" (voir début de l'article) ce qui, nous libérant du fardeau insoutenable d'être une page blanche dont nous ne savons quoi dire, nous enferme par là même dans un cadre dont nous ne dépassons que très rarement car, à la longue, ils ne voient souvent plus que ça de nous.

Et au final, comme le bon et fidèle Concept que vous êtes devenus,
vous ê
tes sur l'étagère des objets sacrés, mais plein de poussière.



Ouvre
z vos boîtes de temps en temps.


Bonne fin d'année au passage.

# Enviado em Quarta 24 Dezembro 2008 04:44

Modificado em Quarta 24 Dezembro 2008 11:33